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Témoignages des "personnels suspendus"

Maltraitance et mort sociale

« Plus jamais ça » !


Mise à jour du 2 mars 2024


Pendant la crise Covid j’ai plusieurs fois mentionné les «suspendus » à des personnes interloquées : « Non, je ne connais pas. C’est quoi ? «

C’était l’occasion de tenter de susciter une prise de conscience par rapport à tous ces citoyens qui, du jour au lendemain, ont été privés de leur gagne-pain pour avoir refusé l’injection expérimentale appelée « vaccin» (15 septembre 2021).


Certains d’entre nous ont tout de suite vu dans cette maltraitance un rappel d’autres évènements sombres de la 2ème guerre mondiale : stigmatisation, exclusion de la société, privation des besoins et droits fondamentaux …

Certes, on ne les a pas mis dans des camps de concentration, mais les méthodes sont les mêmes comme l’a expliqué Vera Sharav, survivante de l’holocauste.

Les guerres de 5ème génération ont « l’avantage » d’utiliser des armes invisibles

comme la « mort sociale » et la « torture psychologique ».


Pas de sang versé, donc « tout va bien » !


Toute cette maltraitance s’est faite avec la collaboration zélée de nombreux citoyens transformés en persécuteurs de leurs semblables au nom du « bien commun » MAIS en bafouant allègrement nos droits humains.


Qu’en est-il aujourd’hui ?

Le décret du 13 mai 2023 suspend l’obligation vaccinale.

L’annonce officielle de la « réintégration des suspendus » peut faire penser que tout est rentré dans l’ordre. A quoi bon en parler encore ?


Et bien NON, tout n’est pas réglé

La maltraitance était d’une telle gravité que les conséquences continuent encore à ce jour :

Appauvrissement, perte de maisons et biens, endettement, perte de la santé physique ou psychique, perte de relations (personnelles et professionnelles) et quand, de surcroit, des épreuves personnelles se rajoutent (ex : maladie ou mort d’un proche) c’est le pompon !!!

Ceux qui ont été « réintégrés » n’ont pas obtenu d’indemnisation pour les préjudices subis !

Notons par ailleurs que la loi n’a pas été abrogée.

Donc, le scénario peut se rejouer demain !


Notre but en ramenant le sujet sur le tapis

  • Susciter une prise de conscience de la maltraitance subie

  • Tirer des leçons de cette expérience

  • Mobiliser une volonté collective pour dire : « NON, plus jamais ça »

Dans ce document vous trouverez :

  1. Un bref historique de la situation

  2. La mobilisation du Collectif CLV Actions

  3. Que faire ?

  4. Des témoignages de soignants de notre collectif

  5. Des liens pour d’autres témoignages

1 - Historique de la situation


Printemps 2020 : les applaudissements

Les soignants ont assuré leur mission avec courage malgré les conditions de travail déplorables.

Tantôt en sous effectifs, en étant exposés à un virus inconnu, en étant parfois contaminés, vêtus de sacs poubelle avec des masques et des gants de fortune. Souvenez-vous : ils sont applaudis le soir aux fenêtres.


Le 12 juillet 2021 : le couperet tombe

Sans concertation, les soignants du pays ont été confrontés à un choix : conserver leur emploi en ayant recours à une série d’injections médicales expérimentales ou être « suspendus » de leurs fonctions au 15 septembre.


Notons que ce sont non seulement des soignants, mais aussi des pompiers,

des employés du secteur médico-social …


On distingue 3 groupes :

Ceux qui se font injecter de bon cœur car ils font confiance aux discours officiels.

Ceux qui le font à contre-cœur et parfois en pleurant car ils ont peur de perdre leur travail.

Ceux qui vont refuser l’injection expérimentale par prudence.

On a bafoué le « consentement libre et éclairé ».


Voir ce témoignage :


Eté 2021 : chantage et menaces

Les récalcitrants subissent pression, menaces et chantage pour accepter un traitement encore en phase expérimentale en étant traités de lâches, de traîtres et d’égoïstes.


15 septembre 2021 : La suspension

A cette date des dizaines de milliers de soignants se sont retrouvés sans travail, sans revenu, sans droit au chômage et sans autres ressources.

Une véritable mort sociale suivie de suicides pour certains.

Tout cela dans l’indifférence populaire mais aussi celle de leur institution et des médias.


13 Mai 2023 : Décret sur la suspension de l’obligation vaccinale

qui ouvre la porte à une réintégration.

Tous n’ont pas pu être réintégrés pour diverses raisons.


La réintégration s’est bien passée pour certains et très mal pour d’autres.

« C’était d’une violence inouïe, on nous a désintégrés avant d’être réintégrés ». Christian Barbe, éducateur spécialisé ((France 3)


Article de France-Soir 9 septembre 2023 - Jean Louis (Les Essentiels)

« Pour beaucoup le calvaire est loin d’être terminé, il est même plus douloureux que jamais. Il l’est d’autant plus que leur problème est aujourd’hui réglé dans l’esprit de tous, alors que c’est bien souvent le coup de grâce, la mise à mort finale


Privés de leurs droits les plus élémentaires, dont celui au travail inscrit dans la Constitution, ils sont criblés de dettes après 20 mois sans ressources ; pour manger ou nourrir leur famille, certains ont dû vendre leurs meubles, leur voiture, leur maison, ils n’ont plus rien !


Comment se reconstruit-on au sortir d’une telle épreuve ?

On n’en sort pas indemne, on ne s’en relève pas du jour au lendemain et les séquelles psychologiques vous « marquent à jamais ».


Pour certains, le retour n’est pas possible :

"La réintégration, c’est pire que la suspension, moi je l’appelle la désintégration."

« À l’instar d’une victime dont on ne reconnaît pas le préjudice, ils ne peuvent même pas faire le deuil de ces 20 mois de bannissement. Psychologiquement affaiblis, beaucoup craquent, ils sont déclarés en incapacité d’exercer par la médecine du travail et se retrouvent en arrêt maladie après quelques jours. Mais la surprise qui les attend, c’est la double peine. N’ayant pas cotisé pendant plus d’un an, ils n'ont droit à aucune indemnité, et leur contrat de travail étant rétabli, ils ne peuvent bénéficier d’aucune aide ».


D’autres ont démissionné pendant la suspension pour trouver un autre travail rémunéré abandonnant à regret leur vocation. Cela interroge lorsqu’on constate le manque cruel de soignants.


La situation des libéraux

Certains ont perdu leur cabinet, leur logement et sont même poursuivis par le Conseil de l’Ordre en prime pour avoir OSER soigner avec les traitements

précoces !!!


Non, le calvaire des personnels suspendus n'est pas fini :

"La réintégration, c’est pire que la suspension, moi je l’appelle la désintégration". Entretien avec Jean-Louis, du collectif "Les Essentiels »

France-Soir : 9 septembre 2023

https://www.francesoir.fr/societe-sante/calvaire-soig


2/ La mobilisation de notre collectif CLV Actions


Eté 2021 : les appels au secours

A l’époque, nous avions 2 collectifs :

CLV Actions Vienne et Réinfo-Covid Rhône-Isère.

Les appels au secours de soignants affluaient par centaines des 2 départements.

Nous étions débordés par les appels et mails. Les nuits étaient courtes.

Nous étions bouleversés par tant de maltraitance dans notre pays soi-disant « démocratique ».


L’aide apportée :

  • Soutien moral

  • Aide juridique, réunions d’informations avec des professionnels compétents pour débrouiller des dossiers compliqués (infinie reconnaissance pour leur dévouement)

  • Aide alimentaire et financière de nos membres qui se sont mobilisés (coopération avec des producteurs locaux)

  • Montage des dossiers pour obtenir une aide financière du Syndicat Liberté Santé

Nous avons pu soutenir financièrement 15 soignants pendant quelques mois.

Nous avons été très émus par la souffrance inutile et injuste subie par ces soignants courageux et autres personnels concernés par la suspension.


Une maltraitance inutile au nom de « tous vaccinés, tous protégés »

En supposant qu’une maltraitance puisse se « justifier », le sacrifice de milliers de personnes aura été complètement inutile.

Quand on pense qu’on leur a pourri la vie pour accepter un produit expérimental sous le faux prétexte de protéger les patients !


28 mars 2021 : A l’époque un document du ministère de la Santé attestait déjà que le « vaccin » ne protège pas de la transmission.


Depuis les révélations se multiplient. Quelques exemples :


Octobre 2022 : la déclaration au parlement Européen de la représentante de Pfeizer qui avoue « le vaccin Covid n’a pas été testé pour empêcher la contagion avant d’être mis sur le marché »


Novembre 2023 : Le professeur Delfraissy, l’ancien président du conseil scientifique Covid-19.

Dans son livre il dit que le conseil scientifique a pu se tromper, le gouvernement savait que les vaccins ne protégeaient pas contre la transmission et qu’ils causent des effets secondaires.


Novembre 2023 : Lecture de la récente déclaration de l’EMA (agence européénne du médicament) au parlement Européen.

Elle déclare explicitement "qu’elle a autorisé la mise sur le marché des vaccins pour l’et immunisation individuelle et absolument pas pour le contrôle de l’infection et absolument pas pour la prévention ou réduction de l’infection ».


Témoignages

Nous avons demandé qui voulait bien témoigner de son expérience.

Pas facile pour les intéressés de se replonger dans des souvenirs douloureux.

Nous avons recueilli les premiers témoignages (section 4) et espérons qu’ils seront suivis par d’autres pour nourrir notre « mémoire collective ».


3/ Que faire ?


1/ Faire le bilan et tirer des leçons de cette expérience de maltraitance.

Si nous ne faisons pas le bilan, l’histoire se répétera.


Bilan individuel :

Ai-je contribué à cette maltraitance ? De quelle façon ?

Quelles étaient les « fausses croyances » qui m’ont poussé à agir ?

OU ai-je été dans le déni, cherchant à ne pas voir ce qui se passe pour me « protéger » ? etc …

Comment aurais-je pu faire autrement ?


Bilan collectif :

Quel « endoctrinement » avons-nous subi au point de devenir passifs et ne pas dire STOP massivement à cette maltraitance ? Qui ? Quoi ? Quand ? Comment ?

et bien d’autres questions encore ….


Décider : Que ferai-je à l’avenir en cas de maltraitance d’un concitoyen ?


2/ Diffuser ces témoignages

Pour susciter des prises de conscience parmi la population avec la ferme décision de dire NON et faire respecter encore une fois le « plus jamais ça ».


4/ Des témoignages de soignants de notre collectif

(Certains prénoms ont été changé pour préserver l’anonymat)


Anne : Kiné

J’étais kiné dans un centre pédiatrique.

 

L’annonce de la suspension

Le 12 juillet 2021 j’apprends la nouvelle de l’obligation vaccinale pour les soignants pendant une formation.

Je m’écroule intérieurement et reste dans un état de sidération pendant toute la semaine de formation.

Je n’arrive pas à dormir à cause des angoisses car je sais que je ne céderai pas à cette obligation et je m’inquiète donc de savoir comment je vais pouvoir gagner ma vie dans 2 mois (date prévue pour la suspension).

Heureusement j’ai eu le soutien d’une amie sur le lieu de formation.

Depuis le début de la crise, après une période de peur, j’ai été alertée par toutes les incohérences des mesures sanitaires et leurs conséquences délétères dans mon travail, mon entourage (familial et amical) et dans la société.

Je me suis ensuite bien informée grâce à des amis et à des experts scientifiques. Grâce à leur aide, j’ai compris très tôt que le « vaccin » n’était pas un vaccin mais une injection génique expérimentale.

Je ne voulais pas prendre des risques pour ma santé et celle des autres avec un produit aux effets inconnus et donc incontrôlables.

 

La maltraitance

Lorsque j’ai repris le travail après ma formation, je ne pouvais plus être moi-même à mon travail.

Je subissais le harcèlement moral de la direction pour me faire injecter, avec des consignes placardées sur les murs, dans les mails…

La plupart de mes collègues n’étaient pas d’accord pour se faire injecter mais la majorité a fini par céder au chantage pour pouvoir continuer à travailler et à mener une vie sociale.

Je me suis sentie de plus en plus seule et incomprise.

 

Je n’aurais aussi jamais imaginé que l’on maltraite des enfants qui sont déjà en grande souffrance physique et morale (certains en fin de vie) dans un établissement censé leur apporter des soins :

Port du masque (même avec des gros problèmes respiratoires), confinement, privation d’école, de jeux ensemble …

Sans compter la restriction des visites de leurs famille et l’interdiction  de sortir pour aller chez eux.

L’obligation vaccinale pour les parents a rajouté à la souffrance des familles concernées.

 

Je ne trouvais plus de sens à ma vocation qui est d’apporter du bien-être à ces enfants.

Avec plusieurs de mes collègues nous avons refusé de respecter ces certaines de ces consignes aberrantes :

Port du masque pour les bébés et interdiction de faire des bisous aux enfants ce qui est contraire au « bien supérieur de l’enfant ».


Que faire ? Quel avenir ?

J’étais de plus en plus angoissée à l’approche de la date butoir du 15 septembre 2021 (date à laquelle l’obligation vaccinale est entrée en vigueur).

J’étais tellement en souffrance morale que mon état de santé s’est détérioré et mon médecin m’a mis en arrêt maladie au mois d’août 2021.

Je suis restée en contact avec certains des collègues.

J’étais bouleversée en entendant la souffrance de ceux qui ont cédé à l’obligation vaccinale à contrecœur afin de continuer à prendre soin de leur famille. Elles étaient traumatisées par ce qu’elles qualifient de « viol ».

 

Je suis restée en arrêt maladie pendant 8 mois.

C’était une période angoissante :

Revenus diminués, problèmes administratifs kafkaïens et avenir professionnel bouché.

Je savais que je ne pourrais pas retourner dans cette institution même après 25 ans de service.

Je cherchais une solution pour trouver un travail et payer mes factures.

 

Dans cette traversée du désert, heureusement que j’ai eu le soutien de certains membres de ma famille, d’amis soignants et non soignants. J’ai eu de l’aide financière et des conseils juridiques qui m’ont permis de négocier un licenciement.

J’ai été particulièrement touchée par la compassion de ces personnes dévouées et compétentes pour aider les soignants suspendus.


Ma nouvelle vie

J’ai trouvé un autre travail de kiné dans une autre région.

Cela impliquait de quitter ma région pour une région inconnue, ma famille, mes amis et un projet immobilier en cours.

Un total déracinement physique et psychologique !

J’ai dû entamer un processus de deuil et m’adapter à une nouvelle vie qui m’a contraint à changer tous mes projets et à repartir à zéro.

 

Mon message

Malgré toutes ces difficultés, je ne regrette pas mon choix d’avoir respecté mes convictions et mes valeurs.

Je me sens libre intérieurement d’avoir tenu bon jusqu’au bout.

Il n’y a rien de plus précieux que de garder notre intégrité physique et morale.

 

Au fil du temps, les preuves que ce « vaccin » est inutile, inefficace et dangereux s’accumulent. Je rencontre dans mon quotidien des victimes des effets secondaires dont certains sont très graves.

 

Soyons vigilants chaque fois que l’on nous force à faire quelque chose sans notre consentement soi-disant pour le « bien commun » alors qu’en réalité les conséquences peuvent être destructrices pour la santé physique et/ou mentale et/ou relationnelle des gens. D’où l’importance d’exercer son esprit analyse ou critique.


Esaïe 5 v.20 : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal».


 

Véronique : Psychologue clinicienne

 

La suspension

L’insouciance et le bien-être des vacances s’est vite transformé en état de torpeur et de sidération. Jusque-là, je ne pouvais pas me résoudre à ce que la menace du 12 juillet 2021 soit mise à exécution. Ce n’était qu’un mauvais cauchemar ! Pour moi, la situation allait s’arranger !

J’ai eu 15 jours pour prendre conscience de la réalité. Mon DRH et la cadre s’y sont employés en ayant de cesse de me harceler pour obtenir les justificatifs de mes tests PCR et mon schéma vaccinal. Je contrevenais aux directives en envoyant le résultat de mes tests au service de santé au travail et non à l’adresse du DRH, en précisant à ce dernier que je voulais lui épargner d’être dans la posture de devoir violer le secret médical me concernant.

 

Je ne pouvais toujours pas accepter une injection expérimentale sans consentement libre et éclairé, et de plus rendue « obligatoire ».

Précisons que jusque-là, j’avais tous mes vaccins.


Comment pouvoir travailler dans ces conditions, tenaillée à l’idée de quitter mes patients, de mettre fin brusquement à leurs thérapies, sans pouvoir leur en dire quelque chose. Je laissais planer une absence de 2 mois approximative dans le meilleur des cas. Les suspendus n’ont aucune date limite à leur suspension ! Quel malaise de laisser mes patients qui, pour la majorité des cas, ne pourront pas se tourner vers le libéral, n’en ayant pas les moyens. Qu’allaient-ils donc devenir ?

 

Avant de partir, j’ai regretté de ne pas avoir pu lire à ma chef la nouvelle de Franck Pavloff « Matin Brun ». Mais j’ai pu la lire à mon équipe dont la moitié ne pouvaient pas comprendre ma décision. Ils ont été séduits par mon talent de conteuse que je découvrais en même temps qu’eux. Dans cette lecture j’y avais mis tout mon cœur et tout l’espoir de les convaincre, jusqu’à la dernière page où je durcis le trait d’une manière cinglante. Mes collègues en étaient émus, mais restaient partagés.

 

C’est par un coup de téléphone et une lettre recommandée que manu militari, j’ai dû quitter mon poste.

 

Conséquences

Du jour au lendemain, plus le droit d’exercer mon métier, plus de salaire. Pas d’aides sociales (APL et allocations de chômage) dans cette situation inédite. J’ai tout fait pour éviter d’être dans la situation de devoir mendier l’aide du RSA. Je ne voulais pas en arriver là !


Quelle faute avais-je donc commise pour être sanctionnée de la sorte ? J’ai vécu comme « suspendue entre 2 mondes » pendant 8 mois, restant cachée comme une paria, sans aucun droit. (Titre du film documentaire, emprunté à Fabien Moine, qui fait témoigner des suspendus). Je n’étais plus une citoyenne. S’y rajoutait la ferme volonté de notre président de la République, E. Macron : « Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder jusqu’au bout ». (…). »Nous avions des droits, mais aussi des devoirs ! ». Comment un chef d’Etat peut-il s’exprimer ainsi ? Les suspendus avaient pour seul droit de travailler des métiers de la terre : récoltes, vendanges, maraîchage…

J’ai été déboutée à deux reprises de mes requêtes en référé et au fonds au Tribunal Administratif, défendue par un avocat, lui aussi généreux, appliquant des honoraires plus bas pour la cause.

 

Survivre

La violence de cette situation m’a plongée dans la sidération et m’a rendue malade. En plus, mon arrêt de travail n’a donné lieu à aucune indemnité journalière, car mon DRH a décidé que la suspension primait.

J’ai donc exercé des petits boulots alimentaires en intérim en logistique (préparatrice de commandes, co-packing, manutention…) et dans la restauration (là où plus personne ne veut travailler et j’ai compris pourquoi !).

J’avais besoin que mon esprit soit accaparé par des tâches répétitives, pour éviter de penser et éviter d’en pleurer. Les plus beaux métiers que j’ai exercés étaient le maraîchage et vendeuse dans un magasin de produits bio. Ils correspondaient plus à mes valeurs. Plonger les mains dans la terre, semer, biner, récolter m’ont fait un bien fou, malgré les basses températures de janvier et février. Le maraîcher avait une belle philosophie : « quand tu plantes les pois gourmands, ai une belle pensée… », sous-entendu, ils pousseront mieux.

 

J’ai tellement eu honte de mon pays, la France, que symboliquement j’avais besoin de traverser une frontière. J’ai alors rejoint la Suisse pendant 2 mois. Tant qu’à faire un travail fatigant et répétitif, autant qu’il soit mieux payé ! Je faisais des sandwiches à la chaîne, balançant les denrées « alimentaires » (c’est beaucoup dire !) comme s’il s’agissait d’objets, au rythme du tapis qui défilait à vive allure. Cet été-là, je n’ai pas souffert de la canicule, car la température du local était maintenue à 10°. J’ai toujours trouvé à positiver ces diverses missions, aussi parce que j’ai rencontré de belles personnes.

 

Quand ma mise en disponibilité a été acceptée, un vent de liberté a soufflé, balayant toutes mes peurs. Quand on a tout perdu, on n’a plus rien à perdre ! Je suis partie à l’aventure, en itinérance, sur la vélodyssée au bord de l’Atlantique pendant 20 jours. Grace à la générosité d’une amie qui m’a offert un gros paquet de chèques vacances, qu’elle dira par modestie ne pas avoir l’utilité, l’aventure a été plus confortable, mais sans fioriture, car habituée maintenant au minimalisme.

 

J’ai alors appris à vivre dans la sobriété avec la générosité de mon entourage, ma famille ayant peu les ressources de m’aider.

J’ai appris à accepter l’aide alimentaire, psychologique et financière d’associations de bénévoles qui se sont démenées pour nous soutenir, entrainant dans leur sillage une ribambelle de générosité de la part de producteurs locaux (CLV Actions, Réinfocovid, Syndicat Liberté Santé, Réso Ardi, Cadgep, Collectif Local Santé Démocratie). Ce tissage de liens m’a vraiment soutenue. J’ai beaucoup de gratitude envers tous ces acteurs généreux de l’ombre.

Être aidée n’a pas été simple pour moi, car je dérogeais à ce que mes parents m’avaient transmis : « s’en sortir seule, sans compter sur les autres ».

 

Je suis divorcée, j’assume seule, maintenant que mes filles sont majeures, pour l’une indépendante et pour l’autre soutenue financièrement dans ses études par son père. Aussi, j’admire les jeunes mamans, parfois seule avec des enfants en bas âge qui ont fait ce choix de résister. Je ne suis pas certaine d’avoir autant de courage.

 

Réintégration ?

Je suis actuellement au chômage indemnisé, grâce à l’accumulation de mes heures de travail laborieux. La réintégration n’était pas envisageable pour moi. Certains l’ont vécue comme une double peine, du fait du fossé d’incompréhension, de haine et de sacrifice qui s’était creusé entre les membres de l’équipe, quand celle-ci n’avait pas volé en éclats, comme la mienne.

Je reprends de l’énergie pour entamer mes démarches de rupture avec mon employeur. Je n’ai plus envie de retourner dans ce service de pédopsychiatrie voué à sa perte, par d’énorme manque de moyens, des directives insensées et programmé à disparaître. La grève illimitée d’une unité n’alerte même pas l’ARS !(l’Agence Régionale de Santé).

 

C’est l’occasion de prendre soin de moi. Les rôles se sont inversés, de soignante, je suis devenue patiente. Le traumatisme s’est révélé lors d’un stage de « reconnexion à soi », initié par Elsa Ruillère, venant en aide aux suspendus. « Les soignants ont pris soin de nous tous et maintenant qui s’occupent d’eux ? », dira-t-elle.

Lors de ces 4 jours d’immersion à l’écoute de ma douleur, j’ai pu enfin mettre des mots sur mon vécu 7 mois après la suspension : (Sus)-pendue, le couperet de la guillotine tombe, mort sociale, coup de poignard dans le dos, trahie, salie, traînée dans la boue et le pire, dans l’indifférence totale pour la majorité des Français.

 

Le drame de ma vie

Je ne suis pas encore guérie, d’autant plus que s’est ajouté le drame de ma vie, le décès de mon fils de 28 ans. C’est lui quelque part qui m’aide avec mes deux filles à tenir debout, grâce aussi à cette expérience humaine incommensurable que je vis.


De cette traversée pendant 2 ans, je suis fière du combat que j’ai mené pour défendre mes valeurs la Liberté, l’Humain et la Santé saine.

En osant dire NON !

Je sais que je suis sur le bon chemin. Je pense à une reconversion.

Ce recul forcé m’a réveillée ! Je pose un autre regard sur mon métier et le monde dans lequel je vis. J’avais jusque-là la tête dans le guidon. J’ai fait plein de choses que je n’aurai jamais imaginées être capable de faire.

 

Mon message

Défendons nos valeurs et favorisons le tissage de liens humains.

Cultivons le mieux-être avec soi-même, afin de vivre des interactions épanouies avec autrui.  Restons acteurs de notre destinée.

Car « le pire de tout, c’est la résignation », selon Alexandre Jollien, philosophe très inspirant.


 

Fabienne : infirmière

 

Voici mon témoignage suite aux suspensions des soignants en 2021.

" Septembre 2021, je suis confrontée à l'une des plus difficiles de ma vie : ma suspension en tant qu'infirmière. Cette période sombre a été marquée par un sentiment de trahison, de rabaissement et de rejet. Des sentiments qui ont profondément ébranlés ma confiance en moi et envers le corps médical. Ces deux dernières années, j'ai lutté contre mes émotions mais, grâce à mes facultés de résilience, j'ai finalement rebondi.

 

La douleur de la suspension n'a pas disparue pour autant !

Chaque jour était une bataille pour surmonter ce sentiment d'échec et l'incertitude quant à mon avenir professionnel. J'ai été confronté à des moments où j'ai remis en question ma propre valeur et mes compétences infirmières. Pourtant, malgré ces luttes intérieures, j'ai continué de croire en moi-même et de tout faire pour me reconstruire.

 

Le chemin vers la guérison a été long et semé d'embûches.

J'ai dû affronter mes démons intérieurs, faire face à mes peurs et trouver la force de me relever chaque fois que je trébuchais. Mais à travers cette lutte, je me suis découverte une détermination indestructible. J'ai appris à puiser dans ma propre résilience pour trouver le courage de continuer, même lorsque tout semblait perdu.

 

Depuis 2023, je suis en construction de projets pour mon centre de bien-être.

Certes pour le moment, je ne peux en vivre, mais je compte poursuivre pour pouvoir continuer de prendre soin humainement.

 

Mon emploi à temps partiel s’étant terminé par le décès de la personne dont je prenais soin depuis 2 ans, j’ai eu l’opportunité d’un remplacement en maison de retraite.

 

Or, alors que je pensais avoir enfin surmonté le traumatisme de ma suspension, j'ai été confronté à une nouvelle épreuve.

Pour ce contrat en CDD, on m'a de nouveau demandé mon pass vaccinal. Cette demande a ravivé en moi une colère brûlante, suivie d'un profond dégoût. J'ai réalisé que même après ces années, les blessures causées par ma suspension étaient encore fraîches et douloureuses.

 

Pourtant, malgré cette réaction initiale, je refuse de laisser cette expérience me définir. Je refuse de laisser la colère et le ressentiment m'empoisonner. Au lieu de cela, je choisis de canaliser cette énergie négative en une force positive. Je choisis de transformer ma douleur en une source d'inspiration, en une motivation pour continuer à avancer, malgré les obstacles qui se dressent sur mon chemin. Je ne me suis pas soumise à cette injonction. J’ai remis en cause cette demande en rappelant la loi de 2023 qui suspendait cette obligation.

C’est ainsi que j’ai signé ce contrat de remplacement et un temps partiel en césu en tant qu’auxiliaire de vie.


Le message de cette expérience

Ma suspension en tant qu'infirmière a été une épreuve difficile, mais elle ne m'a pas brisée. Au contraire, elle m'a rendu plus forte.

Elle m'a appris que même dans les moments les plus sombres, il y a toujours de la lumière à trouver

Et aujourd'hui, je suis déterminé à poursuivre mon chemin avec courage, résilience et détermination.

Je ne laisserai jamais cette période définir qui je suis, définir mes valeurs humaines et définir mon identité.

 

 

Josette : Infirmière


J’ai été mise en arrêt maladie le 7 septembre 2021 suite au décès de mon fils.

Le 9 septembre, j’étais suspendue alors que l’obligation vaccinale prenait effet

le 15.


Aidée de mon mari, du collectif de Vienne et de Me Joseph (seule je n’aurais jamais eu le courage), j’ai fait un recours. Celui-ci a été traité en urgence et je l’ai gagné (en référé).


Pour la petite histoire, au juge qui demandait à l’avocate de l’hôpital « pourquoi on obligeait à la vaccination le personnel en arrêt maladie », celle-ci a répondu : « Parce qu’on considère qu’ils doivent se tenir prêts à reprendre, comme de petits soldats ! »


L’hôpital a fait appel et m’a envoyée au Conseil d’Etat. J’ai gagné en appel.

Mon jugement est passé au fond en avril 2023. J’ai gagné à nouveau et …ouf ! l’hôpital n’a pas fait appel !

« Libérée ! Délivrée ! ... »

Entre temps, mon arrêt maladie s’est transformé en congé longue durée puis je serai à la retraite.


Mon admiration pour ceux qui ont pris seuls la décision du recours et de la résistance ! ça a été dur pour moi, et pourtant j’avais le soutien de mon mari, d’amis, de Christine et Jean-Louis, du SLS !

Certains étaient seuls au début et je leur dis « chapeau bas ! »

Mon immense merci à tous ceux cités ci-dessus, qui m’ont aidée et soutenue !

Mon immense merci à Dieu qui m’a donné la force de chercher la vérité et d’agir selon ma conscience.


 

Marine : Infirmière


Suspension

J'ai été suspendue le 15 septembre 2021 après avoir formé ma remplaçante dans mon service sur ma dernière garde.

Le mois d'août ayant été très éprouvant car j'étais complètement perdue sur la décision à prendre et les conséquences qui en découleraient, ma famille qui ne comprenait absolument pas mon choix et n'était pas soutenante.


Je me suis retrouvée le 15 septembre complètement KO !

Les batteries à plat et au bord du burn out.

Après un petit temps pour souffler, il a fallu réfléchir à l'avenir ! Quoi faire ?

J'ai exercé ce métier que j'aimais toute ma vie, depuis 10 ans, je ne sais faire

que ça !

Et en même temps, je n'y crois pas à cette suspension, je ne peux m'empêcher de penser que ça ne va pas durer, que ça ne peut pas durer ... !


Heureusement pour moi, j'avais beaucoup de congés et d'heures supplémentaires sur mon compte d'heures (que je pouvais rarement prendre pour raison de service) que j'ai pu poser ce qui m'a permis d'avoir un salaire pendant 4 mois avant de me retrouver sans rien.


Survivre

J'ai décidé de monter mon entreprise d'accompagnement et j'ai entrepris des formations supplémentaires.

J'ai ouvert mon entreprise en mai 2022, mais je n'ai eu mes premiers RDV qu'en novembre 2022.

En parallèle, je multipliais les petits boulots en commençant à 4h tous les matins, du lundi au dimanche, pour pouvoir survivre.


Réintégration

Quand la réintégration a été annoncée, cela a été encore plus difficile à vivre que la suspension.

Je ne savais pas si je voulais y retourner.

Je savais que je n'étais pas attendue avec bienveillance par mon ancienne équipe.

Mais les soins me manquaient énormément.

J'ai pris la décision d'y retourner, mais avec l'impression d'être un pion et non considérée.

Je devais revenir du jour au lendemain sans se soucier de si je pouvais ou non.

J'ai dû négocier avec ma RH pour pouvoir faire les préavis de mes deux boulots que je ne pouvais pas quitter comme ça et revenir que mi-juin. J'ai également demandé à passer à 50 % car je ne voulais pas avoir mis autant d'énergie et d'argent dans mon entreprise pour tout laisser tomber !

Cela m'a été accordé mais uniquement à partir de décembre !


L’accueil glacial de mes collègue, jalousie et culpabilisation

Le retour dans le service a été assez compliqué au début.

L'ambiance était très glaciale avec les anciennes de l'équipe, c'est à peine si on me disait bonjour.

Il y avait derrière ce comportement une grande jalousie de la part de mes collègues : penser que j'avais pu revenir sans m'être fait vaccinée alors qu'elles ont été obligées de le faire !


En ne démissionnant pas, j'avais "pris la place" des remplaçantes qui ne pouvaient pas avoir de CDI à cause de moi ! Et à "cause de moi" elles n'avaient pas eu leur planning rapidement ! Bref, début difficile. Puis au fur et à mesure de l'été et de leur départ respectif en vacances, l'ambiance s'est un peu réchauffée.

Mais j'ai toujours l'impression de ne pas faire partie entièrement de l'équipe et de devoir presque "m'excuser d'être là".


Heureusement que les soins et les patients me donnent du courage car les conditions de travail et l'ambiance ne m'aident pas à vouloir continuer.

Le rythme à temps plein + mon entreprise à gérer à côté est très difficile. Le mois de décembre me paraît très loin.


Soutien

Heureusement dans cette épreuve, j'ai pu rencontrer des personnes qui m'ont soutenue et aidée à avancer, des collectifs, le SLS, des amis ...

Chacune à leur manière, financièrement, moralement, grâce à des ateliers pour trouver la force de faire autre chose, psychologiquement ... je les en remercie énormément. Je n'en serais pas là aujourd'hui sans elles.


 

Karine

Préparatrice de commandes à la cuisine centrale


Ma décision de ne pas me faire injecter

Lorsque j’ai entendu parler de l’obligation vaccinale pour les personnels soignants, j’ai eu une mauvaise intuition. Je savais que ce « vaccin » était expérimental.

Etant allergique à certains médicaments, j’avais l’habitude de vérifier les notices.

A une occasion, j’avais même fini aux urgences. D’où ma prudence.

J’ai passé tout l’été à faire de recherches. Se pourrait-il que je me trompe ?

Toutes mes recherches ont confirmé mon intuition de départ sur le risque de ce nouveau traitement expérimental.

L’accepter c’était prendre un risque énorme pour ma santé sans garantie que cela protège les patients avec lesquels je n’avais aucun contact.


Eté 2021 : insultes et menaces

J’ai passé tout l’été à me faire insulter et menacer.

Toute la journée j’entendais des phrases du genre :

« Si tu ne te fais pas vacciner, je ne travaille pas avec toi »

« Si tu continues comme cela on va t’attraper et te piquer de force »

« Depuis quand tu sais mieux que les médecins ce qui est mieux pour toi ».

Vous pouvez imaginer à quel point c’était éprouvant.

Pourtant ma décision était prise. Je savais qu’on ne me ferait pas plier.


Ma suspension

J’ai été convoquée le 15 sept 2021.

Comme j’avais eu le covid, j’ai bénéficié d’un délai jusqu’au 14 octobre.

Mon RH m’a convoqué pour savoir si j’avais été injectée entretemps.

Comme ma réponse était non, j’ai été suspendue le 14 octobre 2021.


Mon état émotionnel

la situation me paraissait tellement surréaliste, que jusqu'au dernier moment, je n'ai pas cru que ça allait se produire.

J'étais en colère face à cette injustice et très inquiète devant les conséquences que j'allais subir et devoir affronter.

Je me suis sentie tellement démunie...

La seule chose qui m'aurait fait plier, c'est quand ils ont menacé de nous enfermer nous les non vax, sans possibilité de sortir, même pas pour faire des courses. Là je me suis dit que pour protéger mes enfants je l'aurais fait.


Les conséquences

J’ai eu 19 mois de suspension. Ce n’est pas rien.

C’était compliqué sur le plan financier.

Comme j'allais aux manifestations anti pass, j'ai rencontré de belles personnes dont des personnes du collectif CLV, et beaucoup d'autres belles âmes.

Lorsque j’ai été invité à participer à une réunion, j'en ai pleuré.

L'émotion était si forte !!! Voir enfin une petite lumière au bout de ce tunnel si sombre.

Tant de bienveillance !!!! Était-ce possible !!???

J’ai rencontré des gens qui m’ont aidé moralement et matériellement.

J’ai eu des aides du collectif et du Syndicat Liberté Santé.

Cela m’a fait un bien fou d’être entourée de toutes ses personnes dans toute cette tourmente.

Je ne remercierai jamais assez toutes ces belles âmes 🙏


Ma Réintégration

J’ai été réintégrée le 30 mai 2023.

J’ai eu un bon accueil de ma hiérarchie et collègues.

J’ai eu des critiques mais aussi des compliments et une certaine admiration pour avoir tenu bon.

Certains m’ont dit : « tu as eu raison ». On m’a traitée d’héroïne.

J’ai dit : « ce que j’ai fait tout le monde peut le faire ».

Certains ont dit : « je n’avais pas le choix ».

je ne les envie pas, car aujourd'hui je sais plus que jamais que j'ai fait le bon choix, je n'ai aucun doute là-dessus.

Beaucoup de mes collègues vivent dans la crainte et certains prennent conscience qu'ils ont une épée de Damoclès au-dessus de leur tête comme ils disent. Certains se plaignent de certains désagréments depuis.


Où j’en suis aujourd’hui ?

Je n’ai pas récupéré ce que j’ai perdu sur le plan financier.

je dois me battre pour au moins récupérer mes congés payés. Pour les salaires et éventuellement un dédommagement, sûrement qu'il faudra entamer une procédure, à voir

Je ne suis plus dans la colère.

Je sors grandie et affermie de cette expérience.

Je suis aussi dans la gratitude car j’ai aussi vécu de bonnes choses.

Je suis fière d’avoir tenu pour moi et d’être en accord avec ma valeur d’intégrité.


Mon message

Chaque personne a fait ce qu’elle a pu avec les ressources qu’elle avait à l’époque.

Cette expérience prouve qu’il ne faut pas accepter tout ce qu’on nous dit sans réfléchir

et ne pas faire une confiance aveugle à ce qu’on nous dit de faire.

C’est important de se renseigner et de se faire sa propre opinion avant de faire des choix.

Le but commun : que cette maltraitance ne se reproduise pas dans l’avenir.


 

Christèle : Infirmière

Christelle a écrit un livre où elle décrit les conditions de sa suspension, les difficultés rencontrées et ses peurs, ses doutes ses interrogations et ses découvertes.


Message

A travers ses constations et ses réflexions, elle invite le lecteur à se questionner sur la façon dont la crise a été gérée pendant cette période et au sort a été réservé à ceux qui ont refusé le vaccin en milieu hospitalier.


Ma réintégration

Nous sommes en avril 2023, un bruit court, qui dit que nous allons bientôt être réintégrés. Lors d’un entretien téléphonique avec un sociologue connu, celui-ci me dit qu’il a parlé avec le ministre de la santé et que notre réintégration est imminente. Je ne suis pas joyeuse en entendant ses paroles.


Je n’ai pas envie d’être réintégrée. En fait je ne sais pas de quoi j’ai envie.

Je ne parle à personne de cette nouvelle. Les jours s’écoulent.

Alors que je fais les courses pour mon père, je suis à la caisse du magasin quand je reçois un message de ma sœur.

Je vois une capture d’écran d’un journal télévisé. En bas de page, il est écrit que nous allons être réintégrés. Mon cœur se met à battre un peu plus fort.

Ca y est, ça arrive. Je ne suis toujours pas ravie.

Sur Télegram, divers messages contradictoires se succèdent. Certains disent que nous devons nous présenter à notre poste de travail le 15 mai 2023 sous peine d’abandon de poste. D’autres disent d’attendre des nouvelles de notre employeur. Je suis un peu perdue.


Je suis partagée entre la peur de retourner à l’hôpital et la joie de pouvoir enfin retravailler, gagner un salaire et reprendre une vie normale.


Le vendredi 12 mai 2023, en début d’après-midi, j’envoie un mail au secrétariat du DRH de l’hôpital en disant que je suis surprise de ne pas avoir de nouvelles. Je me dis qu’au moins on ne pourra pas me reprocher de ne rien avoir fait. A la vue de la façon dont nous avons été traités, je m’attends à tout de la part du gouvernement et de la direction de l’hôpital.


Le mardi 16 mai, je reçois un appel d’une secrétaire pour me proposer un rendez-vous.Celui-ci est fixé pour le lundi suivant.


Le vendredi 19 mai, je reçois une lettre recommandée dans laquelle il est écrit que je dois recommencer à travailler le jeudi 25 mai 2023. Il m’est aussi proposé plusieurs postes de travail. Je suis contente car un des postes me plait. Je savais depuis longtemps que j’avais été remplacée à l’HAD. Je travaillerai donc dans un nouveau service.


Le lundi 22 mai 2023, je vais au rendez-vous prévu. J’éprouve une drôle d’impression en reprenant cette route que j’avais prise pendant tellement d’années. Peu de choses ont changé dans le paysage. Près de l’hôpital, des arbres ont été coupés. C’est à peu près tout ce que je remarque. Je suis sereine. Je suis partie de la maison sans penser à rien, sans réfléchir.

J’arrive avec environ 5 minutes d’avance. La personne avec qui j’ai rendez-vous me reçoit sur le champ. L’entretien se déroule cordialement. Cette personne me présente les différents postes mais rapidement, je lui réponds que mon choix est déjà fait. J’ai choisi le poste à l’EEG. Je ferai passer les électro-encéphalogrammes. Immédiatement il prend son téléphone et dit à la personne à l’autre bout du fil « j’ai trouvé une infirmière pour l’EEG ».

Au cours de l’entretien qui dure une heure, il me demande si j’ai des questions.

Je lui parle de mon solde de congés restants. Il prend son téléphone pour se renseigner puis me dit que mon compte d’heures sera reporté sur mon planning. Il me demande si je souhaite prendre des vacances durant l’été. Je prends la dernière semaine de juin pour pouvoir un peu me reposer en cas de reprise difficile.

A la fin de l’entretien, il me dit que « ça n’a pas été facile pour eux non plus ». Alors je lui réponds que je pense que ça n’a pas été le cas pour tout le monde. Je pense notamment à la personne qui m’avait demandé si j’étais complotiste.


Le jour J, après avoir passé une bonne nuit, je me lève et me prépare pour aller travailler. C’est bizarre, je n’éprouve aucune émotion. Je ne pense à rien.

Je ne réfléchis pas.

Arrivée dans le service, je suis accueillie par une secrétaire que je connais de vue. Elle me fait visiter rapidement le service et m’indique où me changer. Dans les vestiaires, après 20 mois, je mets à nouveau ma tenue d’infirmière.

Je demande à la secrétaire de me prendre en photo pour l’envoyer à quelques personnes. Peu de gens savent que je reprends le travail aujourd’hui. Une amie répond à ma photo en disant « tu peux être fière de ta tenue que tu portes dignement ».

Mes anciennes collègues de travail me répondent qu’elles sont heureuses pour moi. Mes nouvelles collègues m’accueillent avec bienveillance.

Elles me questionnent peu sur ma suspension, sauf une aide-soignante qui cherche à savoir comment j’ai fait pour vivre. Je lui dis que j’ai vécu avec le RSA et le soutien de certaines personnes. Je leur parle de mon livre et le leur montre mais ça n’ira pas plus loin.

Avec le recul, je m’aperçois qu’il m’a fallu plusieurs semaines pour retrouver ma place, pour être de nouveau à l’aise avec les patients. Parfois, quand je vois que la conversation s’y prête, je me permets de dire à certains patients que j’ai été suspendue. Tous sont scandalisés et disent que c’est honteux.

Une patiente a acheté mon livre.


Quand j’ai reçu ma première fiche de salaire, j’ai mis plusieurs jours avant de l’ouvrir. Je n’ai pas non plus regardé immédiatement sur mon compte pour voir si j’avais mon salaire. Après 20 mois à regarder chaque dépense, j’ai encore des difficultés pour faire des achats. Mes dépenses restent encore pour les achats de nourriture et pour payer mon essence.


Aujourd’hui, je peux dire que j’ai retrouvé ma place au sein de l’hôpital. Je suis à l’aise dans mon nouveau service. Je parle avec les patients comme je le faisais avant la suspension.

Je me lève chaque matin avec joie pour aller travailler. Je ne sais pas si je resterai à l’hôpital jusqu’à ma retraite. Je vis un peu au jour le jour, comme durant ma suspension.

J’aurai encore beaucoup de choses à raconter mais cela fera peut-être l’objet d’un prochain livre.


Pour commander le livre de Christelle : applaudie.bannie@gmail.com

ou sur telegram : avant, applaudie...après, bannie...

Le livre coûte 12 euros + 4 euros de frais de port.


5/ Autres témoignages

Les Essentiels

Ils ont été effacés, mettons-les en lumière.

Regardez-les, écoutez-les, c’est notre conscience qu’ils interpellent https://lesessentiels.org


Suspendus : des soignants entre 2 mondes



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